– Vendredi 13 février: Dans la queue de la dépression –

Le départ de Kiloran Bay s’est fait dans les dernières rafales à 30 nœuds. Mais « au portant », c’est à dire avec un vent et une mer qui nous poussent. « Le portant, explique Jeanne, est radicalement différent des allures de « près » auxquelles l’équipage lutte contre le vent et les vagues. Pour l’instant, il suffit de porter la bonne garde-robe de voiles et de nous laisser porter tout pilotant dans les vagues. C’est rapide et confortable. » Après une première grande nuit de bon sommeil, batteries et moral sont à bloc, surtout quand on sait que ce soir ça ira « mollissant jusqu’à la pétole », traduisez que vent et mer s’assagissent jusqu’au calme plat. Du coup, tout le monde veut tenter de battre le record du bord de 9,5 nœuds. Difficile de faire lâcher la barre à Dod qui s’éclate au volant !

Dod à la barre dans 25 noeuds

Dod à la barre dans 25 noeuds

 

Première montée au mat pour Jeanne.

Montée au mat en pleine nav pour Jeanne

Montée au mat en pleine nav pour Jeanne

Montée au mat en pleine nav pour Jeanne

Montée au mat en pleine nav pour Jeanne

 

            Dans l’après-midi, alors qu’il reste 20 bons nœuds de vent, Jeanne décide de monter au mat. « Par vent fort, notre nerf de guidant ne cesse de battre violemment contre le mat. C’est anormal, inexplicable, crispant pour les nerfs et certainement très mauvais pour la grand voile. Il n’y a pas d’autre solution que de monter pour voir le phénomène de plus près lorsqu’il se produit… Alors zou ! » Erwan et Aymeric hissent leur petit bout d’équipière au trois quart du mat en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. « Je ne n’ai rien constaté d’anormal, c’est mystérieux, rapporte la navigatrice en redescendant. Mais p…. qu’est-ce que ça secoue là-haut ! Dod t’aurais pu éviter de jouer à « lofer dans les ados » (gagner cap et vitesse lorsque le vent forcit) pendant que j’étais perchée ! »

 

Coucher de soleil dans le Passage of Tilee.

        Pour rejoindre Stornoway, il faut contourner un chapelet d’iles. La route idéale semble barrée par une longue bande de terre basse, l’ile de Tilee. Or en zoomant dans la carte, Erwan découvre un minuscule bras de mer qui permet de couper le fromage. Après analyse croisée du timing des marées, des vents, courants et de la vitesse de Maewan, nous traçons une route d’estime qui nous amène à franchir le fameux « passage of Tilee » au coucher du soleil, pile-poil. Banco. Frôlant les cailloux à quelques dizaines de mètres dans l’incendie orange de 17 heures, nous assistons médusés à un fameux spectacle. « C’est ici un des coins que je redoutais le plus, s’exclame Jeanne ébahie en relançant le bateau au près serré. La navigation peut-y être vraiment sévère en cette période. Nous profitons de conditions de rêve, je ne m’en plaindrai pas, maintenant c’est tout dessus pour vous mettre sous la douche demain midi à Stornoway : vous commencez à puer mes gaillards ! »

"What Else ?!" Erwan Passage of Tilee

« What Else ?! » Erwan Passage of Tilee

Passage of Tilee

Passage of Tilee

Sun set au Passage of Tilee

Sun set au Passage of Tilee

Russian portrait, Aymeric, Passage of Tilee

Russian portrait, Aymeric, Passage of Tilee

"Crasy nice!" Jeanne, Passage of Tilee

« Crasy nice! » Jeanne, Passage of Tilee

Sun set au Passage of Tilee

Sun set au Passage of Tilee

Sun set au Passage of Tilee

Sun set au Passage of Tilee

 

 

– Samedi 14 février : arrivée sous spi à Stornoway, non mais t’y crois toi ?! –

L’incendie du sun rise ne le cède en rien à celui du sun set : longuement orange. Plus on gagne en latitude nord et plus couchers et levers de soleil tirent en longueur. Une bénédiction pour les amateurs de belles plénitudes et autres excités du déclencheur qui peuplent le bord. Après une nuit dominée par le bruit du moteur, la surface d’huile de la mer s’ourle de fines rides annonciatrices d’un vent léger. Et dès 8 heures, c’est de nouveau le miracle : les conditions sont parfaites. Est-ce dieu, est-ce diable ou les deux à la fois qui firent cet instant là ? Toujours est-il qu’au moment de prendre son quart, Jeanne sort de sa bannette en s’écriant : « Hé les gars, on fait pétaö le spaö ! » (on fait péter le spi). Dans de douces lumières, nous longeons sous spi les falaises ocres de l’ile Lewis. A 7/8 nœuds, nous atteignons vite l’anse de Stornoway, notre havre de paix pour les cinq jours de vent violent à venir. La prochaine news sera écrite au pub !

On a fait petao le spao !

On a fait petao le spao !

Maewan's ancor is also in scotish mood!

Maewan’s ancor is also in scotish mood!

Sun rise sur les Highlands écossais

Sun rise sur les Highlands écossais

Sun rise sur les Highlands écossais

Sun rise sur les Highlands écossais

Les chateaux carrés d'Ecosse : Stornoway

Les châteaux carrés d’Écosse : Stornoway

Amarrés ! Stornoway

Amarrés ! Stornoway

Fish n' chips, la base pour Dod

Fish n’ chips, la base pour Dod

Stornoway, Maewan à bon port, en bas à droite

Stornoway, Maewan à bon port, en bas à droite